Favoriser la coopération par un autre modèle économique

Article by · 17 avril 2020 ·

Les intérêts économiques, les impératifs environnementaux et les enjeux sociaux ne convergent pas naturellement. Le modèle économique actuel n’arrive pas à les concilier. L’économie de la fonctionnalité et de la coopération propose une voie nouvelle qui favorise une performance globale. Une voie qui donne la possibilité de donner une place centrale à l’humain.

L’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC) est un nouveau modèle économique qui vise à concilier intérêts économiques, sociaux et environnementaux en mettant au centre de l’entreprise les effets utiles produits plutôt que la vente en grande quantité de biens ou de services.

 

En d’autres termes, c’est l’ensemble des transformations qui permettent de sortir d’un modèle centré sur le volume. L’enjeu est de parvenir à progresser vers un modèle qui redéfinit ce qui a de la valeur et la manière de la produire en fonction de l’utilité du bien ou du service produit.

 

L’EFC implique de créer des offres économiques, que l’on peut appeler « solutions », qui associent ainsi des biens et des services. Le producteur met à disposition les équipements et facture leur usage par des contrats d’abonnement. L’usager ne devient pas propriétaire des produits mais utilise leur(s) fonction(s).

 

Quels sont les liens avec la performance globale ?

 

L’EFC est un facteur de compétitivité pour les entreprises dans un marché concurrentiel principalement basé sur le rapport prix/qualité/délais. La compétitivité et la différenciation sur le marché reposent ainsi plutôt sur la qualité et des ressources immatérielles : la compréhension du besoin et des usages du client, le sur-mesure, la confiance, la réactivité, les services ou la performance globale de l’offre.

 

Alors que l’évolution du modèle économique des entreprises entraîne des changements dans les façons de travailler, l’EFC tend à redonner du sens au travail, à favoriser la coopération, la montée en compétences, la valorisation des savoirs, savoir-faire et de la relation client. Ce modèle contribue également à créer des emplois locaux et difficilement délocalisables notamment en raison des garanties de services intégrées dans les solutions.

 

La nouvelle performance proposée résulte de la connaissance des besoins et des usages des clients. Afin de produire des offres de qualité, les entreprises doivent engager des relations de confiance, sur la durée avec leurs clients. Ainsi, l’EFC favorise le dialogue et la coopération entre les équipes et les autres acteurs.

 

L’EFC est également l’un des 7 des piliers de l’économie circulaire telle que définie par l’ADEME. Les modèles de production et de consommation circulaires permettent de réduire les impacts sur l’environnement et de dissocier la consommation de ressources naturelles de la création de valeur et de la croissance économique.

 

Un facteur d’engagement des collaborateurs

 

Alors que la qualité et le sens du travail sont fréquemment impactés, il est courant de ne pas pouvoir évaluer le travail réellement réalisé. Les efforts fournis et la qualité du travail réalisé par les salariés sont ainsi peu reconnus.

 

Changer de modèle économique avec l’EFC, c’est tendre vers l’évaluation du travail réel et ses effets utiles, c’est remettre le travail au centre de la création de valeur et c’est organiser le travail pour développer la coopération entre les acteurs. Repenser le travail comme facteur d’émancipation et de santé apportent un levier d’engagement des collaborateurs.

 

Une opportunité d’accélérer la performance globale

 

Certaines des solutions proposées répondent à des enjeux de territoire tels que l’alimentation, la consommation énergétique ou la mobilité (autopartage par exemple). Elles contribuent à créer des dynamiques locales autour de la recherche de performances au niveau territorial et plus seulement individuel.

 

D’autre part, l’EFC incite les producteurs à mieux maitriser le cycle de vie des biens matériels puisqu’ils en restent les propriétaires. Ils doivent en effet en maitriser les coûts de fonctionnement et de fin de vie. Les offres visent la performance environnementale (consommations d’énergie et de consommables, réduction des déchets…). L’obsolescence programmée laisse place à l’allongement de la durée de vie. Les entreprises réduisent leur dépendance vis-à-vis des approvisionnements et des coûts des matières et de l’énergie.

 

Les contrats établis sont également de plus longue durée, des relations partenariales s’établissent avec les clients et les fournisseurs, facilitant ainsi leur fidélisation et l’amélioration des services rendus en lien avec eux. Les entreprises tirent également de ce modèle une meilleure maîtrise des coûts et une plus grande visibilité économique.

 

Des initiatives existent pour en savoir plus et accompagner votre entreprise, comme le programme RELIEF en Région Auvergne-Rhône-Alpes, et d’autres programmes dans d’autres régions. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter www.clubclef.org ou contactez James Pédron (james.pedron@ciridd.org)

 

(Sources : clubclef.org et clubnoe.org)

 

Cet article a été réalisé suite à l’intervention du CIRIDD lors de la journée Elence tour à Saint-Etienne

Thésame coordonne la tournée Elence tour qui vise à favoriser l’intégration de la santé, qualité de vie au travail et performance globale dans les démarches de développement organisationnel et économique des entreprises.

Les 2 prochaines rencontres auront lieu :


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